La quête
Codex occulti cordis
Pour ce premier arc de festival sur 3 ans, l'équipe 909 a conçu une aventure fictive sur la thématique de " l'alchimie médiévale ", permettant de mêler différentes pratiques artistiques et offrir une expérience la plus immersive possible.
Entre écailles, cendres et sortilèges, ce sont trois années qui ont été pensées comme trois chapitres dont le dernier s'est voulu interactif : de nombreux aventuriers et aventurières se sont mis en route vers le château de Brie pour y mener l'enquête et aider la population locale face aux drames qui s'accumulent.
Vous trouverez ici le Lore, les personnages et d'autres archives (alchimiques) des ces mois de travail.

LE COEUR DU RoI VOLé
Il était une fois, en l’an de grâce 1199, un roi nommé Richard Cœur de Lion, qui rendit son dernier souffle sur le champ de bataille de Châlus. Conformément aux rites funéraires de l’époque, son corps fut soigneusement disséqué, et plusieurs parties de sa dépouille reposèrent sur le lieu de sa mort. Le reste de son corps fut enterré dans l'abbaye de Fontevraud, un lieu sacré, digne d’un roi.
Mais le cœur du noble Richard, symbole de sa vaillance et de sa grandeur, fut traité avec un soin particulier. Il fut enveloppé de myrte, de pâquerettes, de menthe, d’encens et même de mercure, puis déposé dans un linge, lui-même enfermé dans une boîte en plomb, afin de préserver l’essence de l'âme du roi. Ce cœur, précieux et mystérieux, échappa aux années et aux siècles.
Le temps passa, et le cœur de Richard, dans son précieux écrin, tomba dans l'oubli… jusqu’à ce qu'en 1838, un historien du nom d’Achille Deville découvre la petite boîte en plomb. Sur celle-ci, une inscription gravée à la main : "HIC IACET COR RICARDI REGIS ANGLORUM" — "Ici repose le cœur de Richard, roi des Anglais." Le cœur, réduit en poudre par les années, était désormais un secret bien gardé, enfoui dans le passé.
Ainsi, en 1899 alors que l’on célébrait le sept centième anniversaire de la mort de Richard Cœur de Lion, la comtesse du château de Brie décida d’organiser une grande fête en l’honneur de ce héros de légende. Pour l'occasion, la petite boîte en plomb, symbole de la grandeur du roi, fut exposée dans le château, attirant l’attention des invités venus de tous horizons. La soirée battait son plein, la lumière des chandelles dansait sur les murs du vieux château, et la fête semblait toucher à sa fin lorsque, dans un ultime éclat de joie, la boîte disparut, volée dans l’ombre de la nuit.

La comtesse, désemparée, apprit bientôt que des phénomènes étranges se produisaient dans les bois de Champagnac-la-Rivière. Des lumières mystérieuses s’élevaient du sol, des bruits inintelligibles résonnaient dans l’obscurité. Un alchimiste, un homme que l’on disait peu compris, avait également disparu sans laisser de trace, comme englouti par la terre elle-même.
Face à cette étrange situation, la comtesse, inquiète, décida d’envoyer un messager à l’inquisiteur de la région. Cet homme, expert dans les affaires de l’invisible, et accompagné de membres des guildes spécialisées dans les mystères, vint en hâte. Ils se mirent en quête de découvrir la vérité derrière la disparition du cœur de Richard Cœur de Lion, et ce qui semblait être un simple vol se transforma en une quête bien plus sombre, où le passé et le présent s’entremêlaient, et où des forces inconnues s’éveillaient dans l’ombre…

Certains dirent avoir vu une silhouette gigantesque se dresser entre les arbres. D’autres jurèrent avoir aperçu une lueur rouge battre au centre de cette forme monstrueuse, comme un cœur incandescent.
Les premières victimes furent retrouvées à l’aube : bêtes déchirées, arbres renversés, et des marques profondes dans la terre comme si une créature immense avait rampé hors des entrailles du monde. Lorsque la nouvelle atteignit la comtesse, son visage se vida de toute couleur.
Un vieil érudit de la guilde des chroniqueurs fit alors une terrible supposition. Selon de très anciens récits, le cœur de Richard Cœur de Lion n’avait pas été conservé uniquement pour honorer la mémoire du roi. Les substances qui l’entouraient - le mercure, les herbes sacrées et l’encens - formaient peut-être un sceau alchimique, destiné à contenir ou apaiser une force ancienne liée au lieu de sa mort.
En volant la boîte, quelqu’un avait brisé cet équilibre.
Et désormais, la chose qui dormait sous la forêt était libre.

Il n’y avait plus de temps à perdre.
La boîte en plomb devait être retrouvée.
Peut-être le cœur du roi possédait-il encore le pouvoir d’apaiser la créature… ou de refermer le sceau brisé.
Car si la créature continuait de croître en puissance, les bois de Champagnac-la-Rivière ne seraient bientôt plus les seuls à subir sa colère.
Ainsi commença la véritable quête.
Retrouver la boîte.
Découvrir le voleur.
Et affronter la chose qui s’était éveillée dans l’ombre.

Les semaines passèrent depuis la nuit où la petite boîte de plomb disparut du château de Brie.
La nouvelle du vol se répandit comme une traînée de poudre dans les provinces voisines. Bientôt, les routes menant au château virent arriver toutes sortes de voyageurs : érudits, mercenaires, membres de guildes anciennes et aventuriers attirés par la promesse de mystère… ou par la récompense promise par la comtesse.
Les érudits fouillaient les archives poussiéreuses du château, cherchant quelque mention oubliée du cœur de Richard. Les alchimistes scrutaient les bois environnants, persuadés que les ingrédients ayant servi à la conservation du cœur — myrte, menthe, encens et mercure — avaient laissé derrière eux une empreinte étrange. Quant aux chasseurs et pisteurs, ils arpentaient les forêts de Champagnac-la-Rivière, à la recherche de la moindre trace du voleur.
Mais malgré leurs efforts, rien ne fut découvert.
Les nuits, pourtant, devenaient de plus en plus troublantes.
Des lueurs bleuâtres apparaissaient parfois entre les troncs noirs des vieux chênes. Les animaux quittaient la forêt. Et certains affirmaient entendre, porté par le vent, un battement sourd… semblable au rythme d’un cœur.
Puis vint la nuit où tout bascula.
Ce soir-là, une brume lourde couvrait les bois. Les aventuriers installés près du château furent réveillés par un grondement profond qui fit trembler la terre elle-même. Dans les bois de Champagnac-la-Rivière, la terre s’ouvrit comme une blessure, et quelque chose d’ancien — quelque chose qui n’aurait jamais dû être réveillé - s’éveilla dans l’obscurité.






